Interview pour Vogue US

Après avoir partagé les photos et vidéos de Vogue US Septembre dans l’article précédent, voici à présent l’article (source) qui accompagne les magnifiques clichés. J’ai pris du temps pour le traduire, alors merci de créditer le site si vous reprenez cette traduction:
Mise à jour le 11/08: Ajout de la partie 2!

PARTIE 1

Regardez, un miracle: Jennifer Lawrence, immobile.
C’est une soirée chaude à Los Angeles, Jennifer Lawrence et moi sommes à côté d’un brasero d’un jardin d’une maison au style méditerranéen dans les collines, où l’air sent les fleurs, l’argent et le carbone brûlée intelligemment par les voitures électriques. Le chaos hollywoodien semble être très loin.
Ce n’est pas la maison de Jennifer. C’est une location. La maison de Jennifer s’est « cassée » quand elle était absente – une histoire folle qui inclut des cristaux et…, Jennifer dit tout:
« Quand j’ai emménagé, la maison était pleine de cristaux partout et de géodes » explique-t-elle. « Et j’étais là ‘S’il vous plait, enlevez ça, je n’ai pas envie que les gens pensent en venant ici que j’aime les cristaux.’ Même si ce n’est pas une mauvaise chose! »

« Mais tout le monde m’a dit ‘Tu ne peux pas faire ça. Tu ne peux pas les bouger. Tu dois demander à la personne qui les a installés pour les bouger…' ». Vous comprenez ce qui s’est passé. Jenifer Lawrence ne l’a pas appelée. « J’ai juste fait retirer les cristaux. Je les ai vendus. Et ensuite ma ****** de maison a inondé. Je déteste les cristaux. » dit Jennifer Lawrence. Il n’y a pas de cristaux dans la location. Il n’y a rien qui montre que l’actrice vit ici, à part la peinture à l’huile de son chien, Pippi, au-dessus la cheminée.
J’ai apporté du vin : une bouteille de Old Grand-Dad, un clin d’oeil aux racines de l’actrice du Kentucky. Il est 17h passé, et on prend un verre. « C’est délicieux » dit l’actrice, tirant une couverture sur son pull et son pantalon. Et la boisson ne coûte que 19,99$, je lui dis. « Wow », dit-elle avec humour. « Je e devrais pas le gaspiller avec toi. Je vais le garder. » Quelques jours auparavant, Jennifer Lawrence a rencontré le peintre américain renommé John Currin pour une couverture. « Assez incroyable », dit-elle. « Il a pris des photos, et m’a fait poser comme l’une de ces jeunes femmes françaises. Je crois que Pippi est sur certaines. » Va-t-elle avoir le travail du peintre ? « Qui d’autre en voudrait? »

Jennifer Lawrence rit. Elle ne fait pratiquement jamais cela : s’asseoir, regarder le feu, ne pas faire grand chose. A 26 ans, elle est déjà l’une des actrices avec le plus de succès et de gloire sur la planète. Elle a été nommée quatre fois aux Oscars, elle a gagné pour Happiness Therapy, tout en participant à de grandes franchises comme Hunger Games et X-Men. En mars prochain, elle sera sur les écrans avec Red Sparrow, un thriller d’action tourné par son ami et réalisateur de Hunger Games Francis Lawrence. Dans le film, Jennifer est une ancienne ballerine mobilisée par une agence d’espionnage russe qui tombe amoureuse d’un agent de la CIA joué par Joel Edgerton.
Avant cela, en septembre, il y aura le mystérieux film Mother! de Darren Aronofksy, le réalisateur et petit-ami de l’actrice. C’est une parcours incroyable mais Jennifer Lawrence y a travaillé toute son adolescence et son début de vingtaine. « Elle est un peu comme un requin dans le sens où elle a besoin de rester en mouvement pour vivre » dit Francis Lawrence. « Je ne m’imagine pas Jennifer ne travaillant pas, ou pas longtemps. » Jennifer elle-même a dit qu’elle ne supportait pas de « se lever sans avoir rien à faire ou se coucher sans avoir accompli quelque chose ». Dernièrement, pourtant, elle s’est dit que l’idée d’une pause serait peut-être bonne. « Tu as dit dans des interviews que tu n’aimais pas les pauses ». « Oui, c’était ridicule » dit-elle. « J’étais folle. C’est génial. »

A présent, vous avez sans doute lu un millier de choses sur Jennifer Lawrence, comment elle est comme nous, comment elle reste simple et vous donne envie de se détendre avec elle à côté du feu et avec une bouteille de vin. C’est vrai. Au milieu d’une conversation désinvolte qui va du fiasco Moonlight-La La Land aux Oscars (« Tout le monde l’a très bien géré, mais merde ») à l’ayahuasca à essayer ou non (Elle ne l’a pas essayé: « Je n’ai pas eu l’envie ») à l’amour de l’actrice pour la télé réalité (« Tu peux observer la vie de quelqu’un d’autre et dire ‘Evidemment, tu ne devrais pas épouser ce mec’ et tu te sens comme Dieu pour 30 minutes »), il est facile d’oublier qu’on parle avec une personne acclamée par l’industrie du cinéma.
« Je ne suis pas certaine qu’elle ait la capacité d’être quelqu’un d’autre qu’elle-même » dit la meilleure amie de l’actrice, Justine Ciarrocchi, l’une de ses colocataires. « On ne peut pas se tromper en étant soi-même, même si ça sonne cucul. » La normalité de Jennifer est l’une de ses signatures, si bien que la chanteuse Ariana Grande l’a parodié dans le sketch « Celebrity Family Feud » du Saturday Night Live en l’imitant (« Ils m’ont dit de ne pas faire un jeu télé, mais j’étais là ‘Merde, je peux m’amuser, je suis une personne ordinaire »). Jennifer Lawrence a fait l’éloge de ce sketch spot-on, même si elle a du mal avec le fait de s’être décrite auparavant comme une ‘personne ordinaire’. « C’est ce que les autres ont dit. Si j’avais dit ‘je suis une personne ordinaire’, je voudrais me tuer. »

Directe est encore un adjectif qui correspond à Jennifer Lawrence, et c’est délicieux d’en faire l’expérience. Croyez-moi. Il y a des acteurs qui se paralysent quand ils doivent commander le déjeuner devant leur interviewer par peur de dire quelque chose de mal. Cette angoisse n’a pas de prise sur l’actrice. Ce n’est pas pour dire qu’elle ne se soucie pas d’être mal interprétée ou de ce qu’elle pourrait dire avec un autre verre de vin, mais elle peut être délicieusement et admirablement honnête. « Elle n’a pas de filtre et dit tout ce qui lui passe par la tête » dit Michelle Pfeiffer, l’une des co-stars du film Mother!, qui la qualifie de très intelligente.
« J’aime la façon dont Jennifer Lawrence est claire » dit son amie Emma Stone, qui étaitlà dans la maison la nuit dernière. « Elle donne son opinion de façon très claire, tout le temps – que je l’ai demandé ou non. » rit Emma Stone. « j’apprécie cette qualité. Elle est très drôle, un rayon de lumière. »
Cela veut dire beaucoup concernant la culture d’Hollywood (ou toutes les cultures ces jours-ci) qui demande à une personne d’être honnête pour être considérée « vraie ». Si on lui demande, Jennifer Lawrence donne une réponse respectacle et immédiate, comme par exemple sir le film de science-fiction Passengers qui a été un succès au box office malgré de mauvaises critiques. Elle est fière du film mais elle est d’accord avec ceux qui suggèrent que le film aurait mérité un autre montage et de commencer par le réveil de son personnage. « Je suis déçue de moi-même parce que je ne l’ai pas remarqué. Je trouvais le script beau, avec cette histoire d’amour compliquée et corrompue. Ce n’était absolument pas un échec. Ca ne m’embarasse pas du tout. Mais il y a juste des choses que j’aurais aimé regarder plus en détails avant de m’y plonger. »

Puis il y a la réaction incisive de Jennifer Lawrence sur sa seule controverse de célébrité (si on peut appeler ça une controverse) datant de l’année dernière, quand elle a été filmée en train de faire du pole dance à une fête d’anniversaire à Vienne en Autriche. J’aimerais pouvoir transcrire le « eye-roll » de l’actrice quand on en parle plusieurs semaines plus tard. Je ne la blâme pas. « Ma plus grande peur à propos de tout ça c’était que les gens pensent que j’essayais d’être sexy. En plus, on dirait que j’avais enlevé mon t-shirt. J’avais un crop top. Je n’avais pas enlevé mon haut. Je suis au téléphone avec mes avocats et tout me monde est là ‘est-ce qu’il y a quelque chose qu’on devrait savoir avant que ça sorte?’ et je suis ‘Non, c’est tout sorti’. »
Jennifer Lawrence a écrit un message hilarant sur Facebook sur la ‘controverse’. « Je ne vais pas m’excuser. Je me suis éclatée cette nuit-là » mais l’événement l’a quand même bouleversée. Elle a déjà enduré l’horreur de voir sa vie privée violée lorsque des photos intimes ont été hackées, un crime contre lequel elle a levé sa voix avec puissance mais elle reste nerveuse depuis.
« C’est effrayant quand tu sens que tout le monde te juge. Je pense que les gens ont vu le hack pour ce qu’il était, un crime sexuel, mais ce sentiment, je n’ai pas réussi à m’en débarasser. Avoir sa vie privée violée constamment n’est pas un problème si on est parfait. Mais quand on est humain, c’est terrifiant. Quand mon publiciste m’appelle, je suis ‘Oh mon Dieu, qu’est-ce qu’il se passe?’ Même quand c’est pour rien. Je m’attends toujours à prise par surprise encore. »

Nous sommes à présent dans un monde de jugement instantané avec Instagram, bien sûr. Jennifer Lawrence essaie de le réguler quand elle peut. Par exemple, elle a arrêté d’accepter toutes les demandes de selfie. « Je suis heureuse de rencontrer les gens, signer des autographes, serrer des mains et dire ‘merci’. Je n’aurais pas de boulot si les gens n’allaient pas voir mes films, c’est juste… si je suis dans un avion et que je n’ai pas de maquillage, je ne veux pas faire de selfie qui va terminer sur la chaîne E! ».
Le chien adoré de Jennifer Lawrence accourt dehors vers nous, ce qui la rend nerveuse parce que son chien est plus petit qu’un grille-pain, et en haut ici dans les collines, il y a plein de prédateurs qui adorerait un délicieux sandwich de Pippi. « Coyotes, des chiens plus gros, serpents à sonnettes, des gros corbeaux », dit l’actrice, ‘toutes les 20 minutes je fais une crise cardiaque. Je ferai une très bonne mère. »


PARTIE 2

Quand je revois Jennifer Lawrence, c’est à Brooklyn, où elle a accepté de me rejoindre pour plus de calme: plus spécifiquement, pour une visite dans un spa à caissons d’isolation sensorielle. Voilà l’idée: on entre dans une salle, seul, on se déshabille, on entre dans un caisson blanc qui ressemble à une première génération d’iPod et on ferme le couvercle. On y flotte, dans l’obscurité, pour une heure, juste toi et tes pensées, et si on veut, avec un peu de musique. C’est assez délirant.
C’est aussi sans doute le mauvais moment pour faire ça puisque Jennifer Lawrence vient juste de voir Mother!

Que dirons-nous sur Mother! ? Que pouvons-nous dire ? Jennifer Lawrence choisit ses mots avec attention, tout comme moi. Il y a beaucoup de confidentialité pour ce film, que j’ai décidé d’honorer. J’aimerais pouvoir vous dire les bases du film – que Mother! parle de, par exemple, d’hippocampes venus de l’espace qui prennent le contrôle de la Maison Blanche, mais je ne peux pas (Ok, ça ne parle pas d’hippocampes venus de l’espace qui prennent le contrôle de la Maison Blanche).
Le premier indice pour le public sur le contenu de Mother! était une affiche magnifique mais gore réalisée par James Jean, où Jennifer Lawrence est représentée en train de porter son coeur sanglant en dehors de sa poitrine ouverte. Attends, quoi ? Ça ne fait qu’apporter plus de questions.
« Les thèmes sont immenses » dit Lawrence. « Ils sont… » elle fait une pause. « Je ne peux pas utiliser le mot que je veux, mais le film est unique. » Je peux vois dire ça: Mother est un film troublant, multicouches dans lequel Jennifer Lawrence offre une performance bouleversante et belle qui oscille entre la vulnérabilité et la rage et totalement différent de ce qu’elle a fait auparavant. Le film m’a bouleversé plusieurs jours après l’avoir vu et je veux, j’ai besoin, de le revoir. Je pense que c’est le genre de films dont les gens vont débattre pendant des mois, si ce n’est des années.

Je n’arrive pas à croire que j’ai emmené Lawrence à ce spa après qu’elle l’ait vu. Ce n’est pas l’endroit où on voudrait être.
C’est ce que fait Darren Aronofsky, bien sûr. Réalisateur renommé (Requiem for a Dream, Black Swan…), le natif de Brooklyn de 48 ans n’a jamais eu peur de provoquer le public. « Je pense que Mother! fonctionne en tant que film relationnel réelle et authentique… mais il fonctionne aussi comme une allégorie » dit le réalisateur dans une salle de montage début Juillet. A ce moment, seulement quelques personnes ont vu le film, Aronofksy fait attention à ce qu’il dit. « Différentes personnes le verront d’une façon différente, et je suis toujours inspirée par des films dont on se souvient et dont on parle encore plusieurs jours après. »
Après avoir écrit le scénario en cinq jours, Aronofsky était ravi que Jennifer Lawrence obtienne le rôle, vu son calendrier chargé et le fait que Mother! commence par trois mois de répétition dans un entrepôt de Brooklyn avec le casting principal, composé de l’actrice, Javier Bardem, Michelle Pfeiffer et Ed Harris.
« Obtenir ce genre d’engagement d’un acteur est difficile. Obtenir cela des plus grands acteurs est très, très difficile. C’était un luxe d’avoir autant de temps. » Lawrence admet qu’elle n’appréciait pas vraiment les répétitions avant Mother! mais elle pense que cela l’a aidait à être plus en phase avec son personnage. Aronofksy décrit l’actrice dans ce processus comme presque minimaliste. « Elle reste zen, calme » et dit qu’elle ne libère toutes les palettes de sa performance que quand les caméras tournent. « Elle a un talent tellement brut, naturel » continue-t-il avec une touche émerveillement. « Je la compare presque à Michael Jordan. »
« C’est une actrice très courageuse avec aucune limite et elle n’a pas besoin d’être blessée pour créer la douleur » dit Javier Bardem, en ajoutant que l’actrice a la « force d’un taureau… Elle s’engage vraiment pour tout donner et aller aussi que possible. »

« Je déteste parler de mon jeu parce que c’est difficile d’en parler sans passer pour un con » dit Lawrence tout naturellement. Mais elle dit qu’il y a eu des moments dans Mother! dont elle n’avait jamais eu l’expérience auparavant en tant qu’actrice. « J’ai dû explorer des zones sombres comme jamais dans ma vie… Je ne savais pas si j’allais en sortir indemne. »
Une fois, le tournage est devenu tellement intense qu’elle a hyper-ventilé et qu’elle s’est disloquée une côte. « J’ai fini par avoir besoin d’oxygène. J’ai des tubes d’oxygène dans mes narines et Darren est ‘L’image est floue, on doit le refaire’ et j’étais ‘Va te faire voir!' ».
Voulant protéger le bien-être de Lawrence pendant ces temps difficiles, certains membres de l’équipe du film ont installé une ‘tente Kardashian’ pour que l’actrice puisse s’y réfugier, s’éloigner du travail et décompresser avec ses amis de télé réalité. « C’était une tente avec des photos des Kardashians et leur émission en boucle, et des gommes à mâcher » dit Lawrence. « Mon espace convivial ». (« Je n’étais pas impliqué là-dedans » dit Aronofsky. « J’étais ‘De quoi vous parlez, les Kardashians?' »)
Peu après la fin de tournage de Mother!, des rumeurs ont commencé à circuler sur la relation de Jennifer Lawrence et Darren Aronofsky. L’actrice dit qu’ils ont commencé à se fréquenter après la fin du tournage. « Nous avions de l’énergie. J’avais de l’énergie pour lui. Je ne sais pas comment il me voyait. »

Nous avons terminé notre heure dans les caissons et nous sommes arrêtés prendre un café dans la rue. Jennifer Lawrence dit que son expérience dans le caisson était positive jusqu’à la fin, quand elle s’est rendue compte qu’elle s’était retournée et ne trouvait pas l’ouverture. Elle a eu un bref instant de panique jusqu’à ce qu’elle trouve l’ouverture et sorte. « Désorientée. Mais à part ça, j’ai passé un bon moment. »
La vérité est qu’elle n’arrive pas à penser à autre chose que Mother! Elle vient de le voir avec Darren Aronofsky il y a tout juste deux heures. Elle a été emportée par son obscurité mais en a aussi apprécié la beauté.
« Quand j’ai vu le film, ça m’a rappelé encore une fois à quel point il est brillant » dit-elle au sujet de Darren Aronofsky. « Cette année, j’ai vécu avec lui en tant qu’humain. » Elle fait l’éloge du réalisateur en tant que « père formidable » (il a eu un fils avec l’actrice Rachel Weisz) et sa franchise. « J’ai déjà été en couple auparavant où j’étais perdue. Et je ne suis jamais perdue avec lui. »
Lawrence et Aronofsky paraissent pourtant être l’opposé l’un de l’autre, et il y a la différence d’âge, mais la relation semble fonctionner. « D’habitude je n’aime pas les personnes qui sont allés à Harvard, parce qu’ils ne peuvent pas passer deux minutes sans le mentionner. Mais il n’est pas comme ça. » Cependant, l’obsession de l’actrice pour la télé réalité continue de causer une impasse avec lui. « Il trouve cela infiniment décevant » dit-elle en riant.

Récemment, Jennifer Lawrence s’est retrouvée au coeur d’une discussion récurrente sur l’égalité salariale entre les hommes et les femmes dans l’industrie du cinéma et le travail en général. Son éveil s’est produit, bizarrement, à cause d’un hack: le leak d’e-mails de Sony en 2014 a révélé que l’actrice avait gagné moins que ses co-stars masculins pour American Hustle pour des rôles similaires. Au lieu de rester silencieuse, elle a décidé de s’exprimer publiquement à ce sujet et d’écrire un essai drôle mais acerbe pour la « Lenny Letter » de Lena Dunham et Jenni Konner dans lequel elle se regrette d’avoir été payée « moins…. que les chanceux avec des bites » et fulmine contre l’idée qu’une femme doit être polie lors des négociations, de peur d’être considérée comme « difficile ».
« J’en ai assez de trouver la façon ‘adorable’ de dire mon avis et de rester aimable. » écrit l’actrice. « Merde. Je ne pense pas avoir travaillé avec un homme responsable qui a passé son temps à étudier quel angle il doit utiliser pour se faire entendre. Il est juste écouté. »
Ce qui a rendu la lettre de l’actrice virale n’est pas que son authenticité (c’était mot pour mot du pur Lawrence) mais que la critique vienne de quelqu’un qui est supposé en position de pouvoir. Lawrence a été l’actrice avec le plus de succès et les meilleurs salaires ces dernières années. En 2015 et 2016, elle était en tête de la liste des actrices les mieux payées de Forbes, grâce notamment aux franchises Hunger Games et X-Men. Si elle était encore vulnérable sur ce sujet, quelle actrice ne l’était pas?

« Quand je parle de l’égalité salariale, je me prends en exemple mais ce n’est pas de moi que je parle, évidemment, » dit Lawrence. « Je ne parle pas des actrices qui gagnent des millions en moins que leurs co-stars masculins. » Elle a plutôt vu l’opportunité de parler des l’inégalité salariale entre hommes et femmes qui existe dans presque tous les environnements de travail.Si les critiques lui crient « Tais-toi et joue », ainsi soit-il.
« Mon opinion est que tu peux avoir des millions de dollars et une carrière de rêve, si tu ne veux pas défendre ce que tu penses, ou si tu vois des abus et n’en parles pas, alors tu n’as rien. » dit Lawrence.
« C’est l’opposé de ‘Tais-toi et joue’. Si tu as une voix, utilise-la. Je ne veux pas être enterrée avec comme résumé ‘Et bien, j’ai présenté au monde les films Hunger Games et j’ai acheté une maison à Coldwater! Bonne nuit!’ Pour moi, ça vaut la critique. Plus je serai critiquée, plus il y aura de discussions.

Pendant ce temps, au milieu de ces temps politiques amers, Jennifer est devenue un membre du conseil d’une organisation appelée Represent.Us, qui cherche à faire passer des lois anti-corruption dans les gouvernements locaux et nationaux. Il y a des voix libérales comme conservatrices dans l’organisation, ce qu’apprécie l’actrice. « Si tu est un républicain, si tu es un libéral, ça n’a pas d’importance. » L’objectif est de « sortir l’argent et la corruption de la politique » et de « libérer la démocratie ».
Lawrence n’est pas fan de l’actuelle administration de Trump, mais « nous avons besoin de former un pont » dit-elle. « Nous ne pouvons pas continuer cette division et colère. Il y a des problèmes qui nous touchent en tant qu’êtres humains, pas en tant que libéraux ou républicains. Nous devons protéger la fondation de ce pays, et accepter. Si on prêche pour la tolérance, on accepte les immigrants, on accepte les musulmans, on accepte tout le monde. »

Bientôt, Lawrence commencera [il a déjà commencé] le tournage d’un nouveau X-Men, le quatrième film de la franchise importante de Marvel (Elle blague sur ce que ça fait d’être dans un film avec beaucoup d’effets spéciaux. « Quand je fais un film X-Men, je n’ai aucune idée de ce qu’il se passe », confie-t-elle. « Et quand je le vois, je suis ‘Wow! Cool!' »). Elle a passé quelques jours à Paris en début d’été pour des événements de mode et pour un photoshoot en tant qu’égérie Dior, un partenariat qu’elle adore mais un environnement qu’elle trouve encore irréel. Elle est ravie de l’arrivée de l’ancienne directrice de Valentino, Grazia Chiuri en tant que directrice artistique. « Les nouveautés sont vraiment magnifiques, cool et jeune. Elle est géniale. » (Il y a aussi eu l’épisode en Juin quand un avion en vol a eu une panne et a été obligée de faire un atterrissage d’urgence. Personne n’a été blessé mais l’accident est terrifiant.)

Après X-Men, Lawrence va sans doute passer à l’un de ses projets impressionnants. Parmi les films auxquels elle est liée, il y a le film de Steven Spielberg à propos d’une photographe de guerre, Lynsey Addario, avec qui l’actrice a déjà passé du temps, et celui à propos de Zelda Fitzgerald, réalisé par Ron Howard. Il y a aussi le film d’Adam McKay sur le scandale de l’entreprise Theranos révélé par le journaliste John Carreyrou (Lawrence jouerait la fondatrice de l’entreprise Elizabeth Holmes). Et elle a récemment été vue en train de rencontrer Quentin Tarantino, qui travaille sur un film au sujet des meurtres par la Famille Manson.

Oh, et il y a le projet avec Amy Schumer. Internet est devenu fou il y a quelques années quand Jennifer Lawrence est devenue amie avec Amy Schumer après avoir vu Trainwreck, et les deux ont été vues sur des jetskis en vacances et collaborent sur un scénario.
« On rencontre des réalisateurs » dit Lawrence. Elle décrit l’histoire comme « des jumelles à problèmes. Mais c’est triste, et ensuite drôle. »
« Elle est la personne la plus drôle que j’ai rencontrée, » dit Lawrence sur Schumer. « Elle est aussi une formidable actrice dramatique, ce que je veux montrer. »
« Jen est drôle comme un humoriste, » écrit Schumer dans un email. « Elle comprend le rythme d’une blague et elle sait jouer avec n’importe qui. Elle a un humour très noir et c’est délicieux. Mon seul problème avec elle c’est qu’elle est grosse. »
Pour Hollywood, Lawrence/Schumer serait la collaboration de rêve, un rappel pour tous qu’il reste encore beaucoup de choses à explorer pour Jennifer Lawrence, malgré tout ce qu’elle a déjà fait si rapidement. Lawrence blague ensuite qu’après ses prochains projets, elle aura besoin de prendre une pause (« Les américains, et le public international, auront besoin de faire une pause avec moi… même les extraterrestres en ont marre! »). Mais il est évident qu’elle adore ce qu’elle fait.

Un verre de bourbon à côté du feu, c’est sympa, mais soyons honnêtes. On ne peut pas rester assis tranquillement trop longtemps.

Traduction réalisée par Camille pour JenniferLawrenceSource.Net

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *